L’original Darwin en son Miroir

Nous descendons de Darwin. Toute une évolution à mieux cerner, à Liège, dans l’antre de La Cité Miroir.

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Une exposition immersive. © Cité Miroir © CALL Liège 

La Cité Miroir, à Liège (Belgique), accueille, depuis samedi 12 octobre, une exposition présentée à l’origine à la Cité des sciences de Paris, consacrée à Charles Darwin (1809-1882), personnage aussi reconnu que méconnu. Plus qu’un portrait de naturaliste ou de biologiste, cette présentation laisse se profiler un humaniste, un anti-esclavagiste, un pionnier de l’éthologie animale et humaine.
Pour Darwin, auteur de l’œuvre fondamentale L’Origine des espèces par le moyen de la sélection naturelle, l’empathie et la collaboration étaient le résultat de l’évolution, qu’il a théorisée. Ses idées révolutionnaires et les bouleversements scientifiques qu’il a contribué à créer égalent les travaux de Copernic dans ses effets à long terme sur nos savoirs, nos représentations et nos croyances.
Depuis Copernic, la Terre n’est plus au centre de l’Univers, mais tourne autour du Soleil. Avec Darwin, la biologie s’enrichit d’une théorie générale lui permettant d’expliquer la diversité et l’évolution des êtres vivants. L’homme n’est plus au centre du vivant et, a fortiori, encore moins au sommet.
L’exposition liégeoise, réalisée en collaboration avec le Muséum national d’histoire naturelle situé à Bruxelles, plonge, via un univers graphique immersif, dans la pensée féconde de Darwin, suivant un parcours pluridisciplinaire et interactif. Vous déambulez dans une végétation foisonnante et luxuriante, laquelle vous enveloppe et vous accompagne dans la découverte de l’œuvre de Darwin et dans l’imaginaire victorien.
Le parcours suit l’itinéraire intellectuel et la lente maturation des idées du naturaliste britannique.

Une révolution scientifique

Après son enfance et ses années de formation qui l’ont progressivement amené à découvrir son goût pour les sciences naturelles, Darwin a entrepris très jeune, de 1831 à 1836, un long voyage à bord du HMS Beagle, un navire de la Royal Navy. Ce tour du monde dans l’hémisphère sud va tester ses capacités d’observation et de réflexion,  asseoir sa réputation de naturaliste prometteur. Il correspond par lettres avec de célèbres naturalistes. Note après note, esquisse après esquisse, ses lectures, ses observations géologiques, botaniques et zoologiques alimentent sa théorie de la descendance avec modification, qu’il soumet à l’épreuve des faits.
La révolution darwinienne est scientifique. Elle permet d’aborder la zoologie, la botanique, la géologie, la paléontologie, l’anthropologie, mais aussi la géographie et l’histoire. Un des intérêts de l’exposition et de montrer comment les idées de Darwin furent reçues de son vivant, et parfois détournées. L’opinion générale de l’époque faisait primer la théologie naturelle, la biologie étant une discipline encore jeune, baptisée par Lamarck.
Autre point d’intérêt : la rencontre entre les thèses darwiniennes de l’époque et ce que disent, de nos jours, les sciences de l’évolution. C’est l’occasion de synthétiser, pour un public non spécialiste de la biologie, les avancées, réfutations, confirmations et extensions de la pensée de Darwin.

files_fichier_14171_visuelgenerique-avectitre.jpgL’exposition a été accueillie à La Cité Miroir à Liège par le Centre d’action laïque de la Province de Liège. L’association entend faire honneur à un personnage qui permit de chambouler son temps et de faire progresser la connaissance humaine. Elle tient aussi à promouvoir la théorie scientifique de l’évolution face aux dérives créationnistes.
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Darwin l’original, du 12 octobre 2019 au 2 février 2020 à La Cité Miroir, 22 place Xavier Neujean, à Liège. Exposition trilingue (français, anglais, italien), tout public, à partir de dix ans.

 

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« CinéComédies » 2, on tourne !

Le discret Michel Blanc après le distrait Pierre Richard en 2018 : pendant cinq jours à Lille (Nord), le festival CinéComédies honore une figure majeure du genre comique, l’acteur-auteur-réalisateur inoubliable des Bronzés, de Marche à l’ombre, de Grosse fatigue

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Michel Blanc, invité d’honneur du festival. ©Bruno Tocaben

Festival dédié au cinéma comique sous toutes ses formes, Cinécomédies revient à Lille (Nord) du 2 au 6 octobre. Rétrospectives, avant-premières, classes de maîtres et rencontres professionnelles vont rythmer ces cinq journées d’un rendez-vous tout jeune puisqu’il n’en est qu’à sa deuxième édition. La première a réuni douze mille visiteurs à l’automne 2018, avec Pierre Richard comme invité d’honneur. Rôle de prestige dévolu à Michel Blanc cette fois : après le distrait, le discret. Populaire malgré cette discrétion, aussi à l’aise dans le drame que dans la comédie, Michel Blanc écrit, depuis ses débuts avec la troupe du Splendid, l’une des plus belles partitions du cinéma comique français.
Le festival propose une sélection de ses principaux films. Une soirée spéciale lui est consacrée, en sa présence, samedi 5 octobre. Seront revus avec plaisir Marche à l’ombre (1984), Viens chez moi, j’habite chez une copine (1981), Les Bronzés font du ski (1979) Grosse fatigue (1994), Embrassez qui vous voudrez (2002), ou encore, plus récemment, Voyez comme on danse (2018).

L’humour fou et la Belgique à l’honneur

Focus sur la Belgique cette année. Entre excentricité, burlesque et noirceur sociale, la comédie d’outre-Quiévrain impose dans le monde une nouvelle génération, de Benoît Poelvoorde à François Damiens en passant par Abel & Gordon, Benoît Mariage, Jean-Philippe Toussaint, Olivier Van Hoofstadt, Stefan Liberski, etc.

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« La Patinoire » (1998). ©DR

La coopération transfrontalière franco-belge investit le territoire de la comédie à travers un coup de rétro dans le cinéma belge des années 1950, jusqu’à nos jours, aussi bien des œuvres rares que des comédies cultes, en version restaurée. Au programme : Week-end ou la qualité de vie (Pierre Manuel et Jean-Jacques Péché, 1972), La Patinoire (Jean-Philippe Toussaint, 1998), Rumba (Abel & Gordon, 2008), Tokyo fiancée (Stefan Liberski, 2014), Trop belge pour toi (cinq courts-métrages, 2019). Jeudi 3 octobre à partir de 19h, la soirée sera cent pour cent belge à l’UGC Ciné Cité de Lille avec Mon Ket (en présence de François Damiens et l’équipe du film) puis à 21h30 à la Gare Saint-Sauveur avec Dikkenek (projection plein air, en présence d’Olivier Van Hoofstadt).
La comédie est le genre le plus populaire. En France, elle concentre les deux tiers des entrées en salle. Pourtant elle souffre souvent d’un déficit dans la qualité d’écriture du scénario, pierre angulaire du film servant à déclencher le financement et le casting, mais parent pauvre du cinéma français où il ne représente en moyenne que 3% du budget d’un film (contre 10% aux Etats-Unis).
Avec le soutien de la communauté d’agglomération de La Porte du Hainaut et en partenariat avec « Arenberg Creative Mine », CinéComédies souhaite contribuer à l’émergence de nouveaux talents et au développement de l’art de la comédie au cinéma. D’où le lancement d’une résidence d’écriture, intitulée « CinéComédies Lab ». Les participants ont eu l’opportunité de rencontrer et d’être suivis par des professionnels.
Les scénaristes sélectionnés pourront pitcher leurs projets. Le premier « CinéComédies Lab » est parrainé par le scénariste Jean-François Halin (OSS 117, Au service de la France), tandis que la scénariste Fadette Drouard (Patients, Le Dindon) assure un atelier d’écriture.
« L’arroseur arrosé », titre clin d’œil, constitue le thème d’un concours vidéo, dans cette même volonté de faire émerger les futures références de la comédie, tout en rendant hommage à ses pionniers. L’arroseur arrosé (1895), film des frères Lumière, fut aussi le premier gag de l’histoire du cinéma.
Un comité de sélection désignera les vingt courts-métrages (trois minutes maximum) qui seront projetés au public et devant un jury de professionnels. La cérémonie de remise des prix se tiendra dimanche 6 octobre, en clôture de CinéComédies.

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« Retour de flamme », de Serge Bromberg, ciné-concert, vendredi 4 octobre à 20h à l’espace Agora, à Santes (Nord). ©DR

En attendant, vingt-cinq films, parmi lesquels Jour de fête, La grande vadrouille, La folie des grandeurs, Un idiot à Paris, Ne nous fâchons pas, sont programmés sur cinq jours. S’y ajoutent deux séances en avant-première pour ouvrir et clôturer le festival, respectivement La vérité si je mens – Les débuts (de Gérard Bitton et Michel Munz) et Docteur ? (de Tristan Séguéla). Sans oublier les ciné-spectacles Retour de flamme et Living Cartoon Duet.

Il est l’or d’aller voir Oury

Dans le cadre et en amont du festival, le palais Rihour de Lille célèbre, depuis le 14 septembre, le centenaire de la naissance de Gérard Oury (1919-2006) par une exposition où il s’agit notamment de sa collaboration avec Bourvil, Louis de Funès, Jean-Paul Belmondo et Pierre Richard. Affiches, photos, documents rares et inédits, accessoires de tournage, objets personnels et vidéos d’archives composent cette présentation.
Gérard Oury est un des plus importants cinéastes et auteurs français de comédie. Roi du box-office pendant plus de deux décennies avec soixante-dix millions de spectateurs rien qu’en France, il a réalisé quelques-uns des plus grands classiques de la comédie : Le Corniaud, La grande vadrouille, Le Cerveau, La folie des grandeurs, Les aventures de Rabbi Jacob, La Carapate, Le coup du parapluie, L’as des as. Par leur élégance stylistique, leurs histoires universelles, la richesse et l’originalité des situations comiques, la puissance burlesque de ses interprètes, ses films séduisent aussi les nouvelles générations.
L’exposition, dont l’entrée est libre, est montée avec le concours de sa fille Danièle Thompson, elle-même cinéaste et auteur. En partenariat avec le Musée Louis de Funès inauguré cet été à Saint-Raphaël (Var) et l’Institut national de l’audiovisuel (INA).

FestivalCinéComédies 2019.jpgCinéComédies, du mercredi 2 au dimanche 6 octobre 2019 à Lille (Nord) et Santes (Nord) en divers lieux.

• Exposition Gérard Oury : il est l’or ! jusqu’au 6 octobre au palais Rihour, 42, place Rihour, à Lille.

• L’affiche du festival est à nouveau signée David Merveille, illustrateur à l’univers graphique insolite et fantaisiste, à qui l’on doit plusieurs albums autour du personnage de Monsieur Hulot, créé par Jacques Tati.


Bertrand Blier en tenue de soirée

Anthologiste du rire, souvent grinçant et provocateur, avec Les Valseuses, Tenue de soirée, Trop belle pour toi ou Préparez vos mouchoirs, Bertrand Blier sera salué comme il se doit, à travers une classe de maître accompagnée des projections de Buffet froid et de Calmos (en version restaurée), deux comédies hors-normes mettant en scène son illustre père, Bernard Blier. Entrée libre sur réservation, vendredi 4 octobre à 19h30, à l’UGC Ciné Cité Lille.

 

Tourcoing, porte ouverte à tous les jazz

Le Tourcoing Jazz Festival, reconnu comme le plus gros festival du genre au nord de Paris, revient pour une 33e édition toujours ouverte aux différents courants du jazz.

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Chassol. ®Louis Canadas

Chassol, Calypso Rose, Mélissa Laveaux, Blick Bassy, Youn Sun Nah, Stanley Clarke, Dianne Reeves, Rhoda Scott, le quartet piano/Fender Rhodes avec Baptiste Trotignon, Bojan Z, Pierre de Bethmann, Eric Legnini, et côté français Emile Parisien, Anne Paceo, Jean-Philippe Viret et d’autres : mis bout à bout, ces noms du 33e Tourcoing Jazz Festival sonnent comme une affiche léchée, alléchante. Mis en musique sur scène, ils rénoveront l’atmosphère en ce début d’automne, dans un savant courant d’airs, tout en réchauffant les cœurs. Il faut y ajouter plusieurs concerts festifs : Manu Dibango pour ses soixante ans de carrière, Kokoroko, The Headshakers.
Avec Stanley Clarke la basse est devenue un instrument phare, capable de prendre le devant de la scène et la lumière des projecteurs. L’Américain évoluera le 17 octobre au théâtre Raymond-Devos. Là où, deux jours plus tard, apparaîtra Dianne Reeves, une des plus grandes divas du jazz, souvent comparée à Ella Fitzgerald et Sarah Vaughan. Rhoda Scott, aussi à l’aise dans le groove que dans le blues, et Youn Sun Nah, chanteuse d’origine sud-coréenne capable de sublimer n’importe quelle mélodie, font aussi partie des pointures invitées.

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Emile Parisien. @Sylvain Gripoix

Le meilleur de la scène française est représenté notamment par Emile Parisien, très brillant saxophone soprano, Anne Paceo, figure du jazz français à voir et écouter le 15 octobre au Grand Mix, ou encore le contrebassiste Jean-Philippe Viret qui, avec Ivresse, fête ses soixante ans, le même jour, à l’Hospice d’Havré (deux des lieux chaleureux devenus familiers du festival).

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Dianne Reeves adore la scène : « Je ne pense pas qu’il y ait un autre endroit où je sois aussi libre », dit-elle. ©Jerris Madison

Le retour d’un binôme de choc

Le Tour précède cette programmation de choix. Stéphane Belmondo et Sylvain Luc en seront la vedette. Ces deux musiciens extraordinaires ont d’ores et déjà marqué leur temps et sont considérés comme le meilleur trompettiste et le meilleur guitariste de leur génération.
Vingt ans après le disque Ameskeri qui avait clos le siècle dernier et dans lequel le binôme de choc reprenait magiquement Ménilmontant de Charles Trenet ou Chanson douce d’Henri Salvador, voilà qu’il se reforme, sans avoir pris une ride. Belmondo et Luc, affiche de valeurs sûres, se produisent en plusieurs lieux des Hauts-de-France et même à Mouscron (Belgique) dès dimanche 29 septembre.
Tandis que le temps finit d’effacer les traces d’idylle sur le sable refroidi, voici venir un festival plus que jamais porté par tous les jazz.
Renaud Garcia-Fons & Claire Antonini ont proposé une sorte d’avant-goût samedi 21 septembre à La Chaufferie, lieu insolite, ancienne usine textile tourquennoise, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine auxquelles le club Tourcoing Jazz s’associe chaque année. Ce duo s’est enrichi au fil du temps. Il en résulte une vision innovante de la rencontre des musiques d’Orient et d’Occident, au sens le plus large.
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33e Tourcoing Jazz Festival, du 12 au 19 octobre 2019 en divers lieux de Tourcoing (Nord).
> Site de l’événement

Un « Bonheur » pour La Piscine de Roubaix

Le Centre hospitalier de Roubaix (Nord) fait don au musée La Piscine d’un tableau d’Arthur Van Hecke.

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Arthur Van Hecke, « Le Bonheur » (détail), huile sur toile, 210 x 205 cm. Don du Centre hospitalier de Roubaix.

Le musée La Piscine, à Roubaix (Nord), va recevoir, vendredi 13 septembre 2019 à 14h30, un tableau signé du peintre roubaisien Arthur Van Hecke (1924-2003), donation du Centre hospitalier de la ville. Cette huile sur toile, intitulée Le Bonheur, avait décoré durant plus de trente ans le hall d’entrée de l’ancienne maternité roubaisienne Paul-Gellé, qui a fermé définitivement ses portes en mai 2017.
Suite au déménagement dans la nouvelle maternité de Beaumont, le Centre hospitalier de Roubaix a décidé de faire ce don afin que cette œuvre soit partagée avec un plus large public, dans un lieu plus adapté. La Piscine dispose d’une importante collection d’œuvres des artistes du Groupe de Roubaix dont Van Hecke est une personnalité centrale.

Un peintre audacieux et flamboyant

Né dans un milieu ouvrier très modeste, passionné très jeune par la peinture qu’un oncle de Bruges (Belgique) lui avait fait découvrir, Arthur Van Hecke s’affirma rapidement comme le chef de file d’un mouvement moderniste qui s’opposait, après la Libération, au conservatisme étriqué de la traditionnelle Société des artistes roubaisiens. Remarqué par ses audaces et sa flamboyance, il fut soutenu par la bourgeoisie textile locale, notamment par la famille Masurel, généreux mécène.
Cette reconnaissance des collectionneurs, dès le milieu des années 1950, propulsa le jeune artiste au rang de héros de la peinture moderne dans le Nord : une figure de l’ascension sociale par la culture. La mairie de Roubaix s’engagea assez vite dans le sillage de ce succès régional, confia divers projets à Van Hecke, notamment le portrait officiel du maire de l’époque, Victor Provo, et lui acheta régulièrement des toiles pour décorer l’hôtel de ville.
La toile Le Bonheur avait été commandée en 1986 par Gilles Crépin, professeur de gynécologie-obstétrique, à son ami Arthur Van Hecke, à l’occasion de l’inauguration du pavillon Mère-Enfant de la maternité Paul-Gellé. Elle est très représentative de la seconde période de Van Hecke, plus figurative. Elle va compléter le fonds Van Hecke de La Piscine, déjà très riche grâce notamment à la magnanimité de la veuve du peintre, de plusieurs de ses collectionneurs et des amis du musée.

Artistes au vert à Charleville-Mézières

Du 22 au 25 août, le Grand Est se met au(x) rythme(s) du Cabaret vert. Champagne !

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Ambiance de l’édition 2018. ©Hervé Dapremont

Le Cabaret vert de Charleville-Mézières (Ardennes) — festival qui trace son sillage depuis une quinzaine d’années dans le florilège des grand-messes musicales d’été — doit son nom à un épisode de la courte vie vie d’Arthur Rimbaud, natif de la ville. En octobre 1870, le poète fugue à l’âge de seize ans, pour trouver une nouvelle forme à sa poésie. De passage à Charleroi (Belgique), Rimbaud s’arrête au Cabaret Vert, auberge où il va quêter un peu de repos, se saouler de senteurs et de couleurs, comme s’il obéissait à l’Enivrez-vous épicurien de Baudelaire…

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Un festival facile d’accès. ©Fabrice Varenne

Le festival a lieu sur les berges de la Meuse mais s’est implanté aussi dans le centre-ville de Charleville, facilement accessible en transports collectifs, à vélo ou à pied, à dix minutes  de la gare SNCF/TGV.
Pour cette quinzième édition comme pour les précédentes, du lourd sur scène : Twenty Øne Piløts, Prophets of Rage, Patti Smith, Foals, Bernard Lavilliers, Nina Kraviz et une kyrielle d’autres noms composant un répertoire répondant à tous les goûts.
Difracto explore en solo divers univers sonores et visuels. Les mélodies de Claire Faravarjoo sont entêtantes parce que inspirées. Cosmic Hill, groupe d’enfants du pays, a installé le français et l’anglais sur courant alternatif mais fait vibrer les deux langues sur un funk/hip hop et un électro/dub colorés.

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Dégage. ©Delphine Barthélémy

Le voyage émotionnel des Rémois de Dégage vaut le détour. Kamarad est un groupe de Post Punk aux influences diverses, essentiellement puisées dans la fin des années 1970. Avec le duo de Knuckle Head, ça sent le vécu, l’essence et la poussière. Le rock des Belges de Loka & The Moonshiners a la propriété d’envoûter. Idem pour celui des Jungle Shakers, formation qui montre un sens aigu de la scène, ou plutôt aiguisé avec les années. Les états d’âme poétiques de Glauque, plongés dans l’électronique, questionnent sans répondre, mais l’amour peut répondre de cette tendresse. La musique de Rive s’écoule paisiblement, anguille entre synthés luxuriants, voix minérale et bribes de nostalgie. Tendinite a émergé d’une cave humide de Reims en janvier 2016 et depuis lors ne cache plus sa délicieuse douleur.

Une motivation : la dynamisation du territoire

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Kamarad. ©DR

On pourrait dire que le Cabaret Vert réunit plusieurs festivals en un seul. Les deux scènes principales proposent une programmation populaire, pop, hip-hop, rock, folk, reggae, électro, etc., tandis que la scène de rock indépendant monte en puissance. Les jumelages avec les cités belges de Liège et Charleroi entretiennent un partenariat gagnant-gagnant.
L’association FLaP, fondatrice de ce rendez-vous annuel, a d’emblée nourri un but précis : dynamiser le territoire. L’attachement du Cabaret vert pour sa région est palpable jusque dans la commercialisation de produits locaux. Côté scène, pas de dérogation à ce leitmotiv. Tous les genres sont représentés. Le premier cercle est celui des Ardennes mais l’organisateur travaille beaucoup aussi avec la riche scène de Reims (Champagne). Depuis 2018, le festival est très attentif à la nouvelle région Grand Est mais n’a pas attendu cette nouveauté pour ouvrir les bras à l’influence de ses dynamiques voisins de Belgique.

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Nina Kraviz. ©Paola Kudacki

Au Cabaret vert, la musique a son importance mais sait laisser de l’espace à tous les autres arts, notamment le cinéma et la bande dessinée (cinquante-huit auteurs présents) ou encore les arts de la rue. Chaque lieu recèle son atmosphère mais tous ont l’esprit de partage.
N’hésitez pas, si vous en avez le temps, à pousser jusqu’à Novion-Porcien pour y découvrir, jusqu’à fin août, une exposition de quatre bédéistes au musée Guerre & paix en Ardennes. Fort d’une collection de quatorze mille objets, ce musée présente l’histoire des Ardennes durant les guerres de 1870-71, 1914-18 et 1939-45.
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Festival Le Cabaret vert, 15e édition, du jeudi 22 au dimanche 25 août 2019 à Charleville-Mézières.
> Toute la programmation

 

Ils sont fous ces Nordistes !

Après Femmes d’exception, Hervé Leroy saisit Ces gens du Nord qui ont fait l’histoire. Au cœur de l’été, à vous maintenant de sucer ce bonbon d’évasion mais aussi d’instruction.

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Pour le plus grand plaisir de ses lecteurs, mais aussi celui de son éditeur Hubert Delobette, Hervé Leroy ne se lasse pas d’écrire ses histoires du Nord. ©DR

Longtemps chroniqueur sportif à La Voix du Nord, Hervé Leroy a le goût de la précision, du détail. Ses récits tiennent en quatre ou cinq pages, illustrées de documents et photos noir et blanc, pages ne déviant jamais de l’angle choisi, fruitées de faits, juteuses d’anecdotes comme quand il raconte le suicide au gaz d’un Roger Salengro élégant jusqu’à la mort : « Excuse-moi pour ce désagrément », laisse écrit sur la table le socialiste lillois pour la femme de ménage…
Quand l’auteur se permet une longue digression sur Paris-Roubaix en évoquant Raymond Devos, un des deux personnages du livre qu’il a rencontrés (en l’occurrence plus en chair qu’en os !), c’est parce que l’humoriste fut le parrain, en 1996, du centenaire de la « reine des classiques ». Mais c’est aussi, encore, à cause de sa faim pour la chose sportive (pages sur Michel Bernard, Michel Jazy, Raymond Kopa). Ici ou là, il nous emmène la plupart du temps dans un pays qui s’appelle Empathie. Les plats de la petite histoire passent dans ceux de la grande au gré des thèmes retenus.

Devos, Butor et tous les autres

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Affiche publicitaire d’A. Bonnard pour le récit historique de Marc Mario (alias Maurice Jogand) et Louis Launay (alias Louis Pôville) « Vidocq, le roi des voleurs, le roi des policiers », Paris, Fayard, 1892.

Le Nord a bien travaillé. Traversée de la Manche en avion par Louis Blériot. Invention du bikini, du naturisme, des Renseignements généraux (Vidocq), de la 2 CV, même de la télévision (Constantin Senlecq). Il y a aussi le béton armé de François Hennebique, le sucre extrait de la betterave par Crespel-Delisse.
Hervé Leroy chemine auprès de ses personnages, un peu comme s’il leur parlait. Comme pour Devos, il puise dans sa rencontre en avril 2000 avec Michel Butor, enfant de Mons-en-Barœul, et n’est pas peu fier de l’avoir aidé à retrouver sa maison natale.
Chacun comprend que Devos et Butor l’ont marqué. Pour sélectionner les quarante-huit autres thèmes transformés en autant de chapitres, il a cherché « un équilibre » dans les domaines d’activité, choisissant des artistes — peintres, sculpteurs, écrivains, musiciens (Georges Delerue) — mais aussi des sportifs (tiens, tiens) ou des industriels, et regrettant « avec le recul » d’avoir trop peu abordé le cinéma. « Louis Malle aurait pu figurer dans le bouquin », lâche-t-il à ce sujet.
Cet équilibre, Hervé Leroy l’a soigné aussi dans le champ politique, car il déplore la perte du pluralisme et donc « le manque de diversité de la presse quotidienne ». D’où son choix du « fils du peuple » Maurice Thorez, « à qui le Front populaire doit beaucoup », ou encore — histoire de caresser la sensibilité démocrate-chrétienne — celui de l’abbé Lemire, le créateur des jardins ouvriers.

Alain Decaux, l’amoureux d’Alexandre Dumas

Le lecteur non respectueux de l’ordre alphabétique peut passer de Marguerite Yourcenar, dont les « premières patries » furent les livres, à l’évocation des soixante-trois numéros clandestins de La Voix du Nord de Natalis Dumez sous l’Occupation. Ou bien du Dictionnaire amoureux d’Alexandre Dumas, signé par le Lillois Alain Decaux, au bienfaiteur audomarois Joseph Caventou, grâce auquel on ne meurt plus du paludisme.
Le choc des époques peut aussi partir du XIXe siècle avec le sculpteur Jean-Baptiste Carpeaux, « Rubens de la pierre » qui annonce Rodin, pour remonter au XVIIe avec la légende Jean Bart qui sauva la France de la famine grâce à ses bateaux chargés de blé. Côté XXe, un petit tour avec le « précurseur de l’écologie politique » René Dumont. Un autre, plus grave, du côté de la guerre, avec Charles de Gaulle et Charles Delestraint. Le premier à travers surtout le prisme de l’enfance : « Ce qui m’a souvent réconforté depuis le 18 juin 1940, c’est la conviction que maman aurait été toujours et en tout avec moi », écrit peu avant sa mort le Général à sa sœur Marie-Agnès. Delestraint, lui, est dépeint comme l’héroïque résistant qu’il fut, le fameux Vidal, chef de l’Armée secrète, méprisant jusqu’à sa dernière heure envers ses bourreaux nazis.
Un « lyrisme de gauche » transpire des pages du livre quand l’auteur ressuscite des noms comme ceux de Pierre Degeyter : le jour de sa mort, dans un simple entrefilet, Le Réveil du Nord (journal socialiste) met toujours en doute sa paternité de L’Internationale. Lyrisme encore en compagnie de Martha Desrumaux, figure du mouvement ouvrier et résistante (déjà admirée dans Femmes d’exception), ou aux côtés de « l’insaisissable » Charles Debarge, mineur à Courrières puis héros lui aussi de la Résistance, loué par Louis Aragon.

Ces-gens-du-Nord-qui-ont-fait-l-histoireMais notre collectionneur d’aventuriers n’a pas voulu occulter des personnalités dont le choix pouvait être « plus difficile ». Faidherbe ou Pétain, par exemple. Le premier fut un homme d’armée qui choisit la République, « même s’il peut être vu comme colonialiste aujourd’hui ». Le second est traité sous l’angle du rapport De Gaulle/Pétain. Autre exemple : le général Dumourier, vainqueur de Valmy avant de se retourner contre la Révolution.
Cinquante portraits composent ce livre aux airs de roman. L’ensemble est solidement ficelé. On sort de cette lecture plus riche, avec une démangeaison de partage.
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Ces gens du Nord qui ont fait l’histoire, par Hervé Leroy, Le Papillon Rouge, 264 pages, 19,90 €.

 

 

 

 

 

 

Dix-huit bougies éclairent les Nuits secrètes

Les 26, 27 et 28 juillet 2019, le festival d’été Les Nuits secrètes, à Aulnoye-Aymeries (Nord), fête ses dix-huit ans. Plus de soixante-dix concerts vous y attendent.

Ambiance - Les Nuits Secrètes

La Grande Scène. ©Sarah Bastin

Avec -M-, Hot Chip et Jeanne Added, la musique pop est respectivement majuscule, sautante et solaire. Ce ne sont là que trois des artistes qui lancent, ce vendredi 26 juillet, le festival Les Nuits secrètes, une référence depuis dix-huit ans à Aulnoye-Aymeries, dans l’Avesnois (Nord). Un havre où se donnent rendez-vous la créativité et la diversité de la scène française actuelle.
Ce jour d’ouverture, le rap est à l’honneur avec Roméo Elvis et Alpha Wann. Mais en vérité, le festival en donne pour tous les goûts. La techno n’est pas en reste, ni le rock. Techno encore samedi 27, universelle celle-là, avec Paul Kalkbrenner. Vous préfèrerez peut-être la chanson synthétique de Flavien Berger, le rap tordu d’Odezenne, l’électro punk de Sleaford Mods, voire le rock cathartique des Psychotic Monks.
Dimanche s’annonce bouillant avec Nekfeu, Metronomy, Thylacine, Kompromat, Fat White Family, d’autant qu’on y ajoute une touche de révolte avec Blick Bassy (folk), sans oublier la révolution désaccordée de Yolande Bashing. Non, vous ne lisez pas « Hollande bashing » (rien à voir), et non, Yolande n’est pas une femme, mais un jeune talent lillois du nom de Baptiste Legros, plein de rage mélancolique. Pas étonnant quand on débarque vivant, en solo, d’un groupe électro-punk dénommé Les Dents !
La Bonaventure, club de nuit du festival, se tiendra sous le toit de l’Eden, du samedi soir jusqu’au petit matin, pour fêter dignement les dix-huit ans des Nuits secrètes. Le festival entérine sa démarche écoresponsable et durable en mettant l’accent sur les produits locaux et le recyclage collectif.

Secrets à la douzaine

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MØ. ©Cécile Gervaix

Les fameux « parcours secrets », au nombre de douze cette année, se réinventent à la sauce électro, voyagent aussi à vélo et se permettent un zeste de sieste. Leur principe est de vous faire embarquer vers une destination inconnue, dans un lieu insolite, pour y rencontrer un artiste mystérieux.
À ce jeu, vous allez peut-être avoir la chance d’écouter la délicieuse Franco-Israélienne Yael Naim, le collectif pop Catastrophe, Molécule et son nouveau live, le claviériste magicien Marc Melià. À moins de tomber — exclusivité des Nuits secrètes — sur les deux créations sur mesure de Canblaster et de la brillante harpiste Laure Brisa. Pour définir ce concours inédit, mieux vaut parler, comme pour l’eau et l’huile, de juxtaposition de deux univers, plutôt que de mélange. Le contenu reste « top secret » jusqu’au lever de rideau, mais — selon des informations sucées du petit doigt qui ne savait pas faire chut ! mais servira fort bien ici de chute — les claviers numériques et la harpe analogique devraient être de la fête…

Festival Les Nuits secrètes, du 26 au 28 juillet 2019 à Aulnoye-Aymeries.
> Programme complet


Dans le rétro

2018

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Juliette Armanet en 2018. ©Marie Boulangé

alt-J, Orelsan, Eddy de Pretto, Lomepal, Juliette Armanet, Gaël Faye, Jain, Feu! Chatterton, Shaka Ponk, Thérapie TAXI, Vitalic – ODC  Live, Clara Luciani, Meute, Shame, Slaves, Tshegue, Madben, Panteros666, Petit Biscuit, Kiddy Smile, DJ AZF, Bagarre, Sandra Nkaké,  Agar Agar, Rone, T21, Jessica93, Ricky Hollywood, Fantazio & Seb Martel, Irene Dresel, Otzeki, Ausstellung, Orange Dream, Bagdad Bahn, Malik Djoudi, France, Maestro, Afrojaws, Panda Dub, Tamino, Angèle, BRNS, W.Brothers, Jojobeam, The Spunyboy, OTZEKI, BRNS, Vanessa Wagner & Emilie Levienaise-Farrouch, le Théâtre de Chambre.
2017
Unno, Roméo Elvis, Yuksek, $-Crew, Molecule 50° Nord Live, Blow, Her, Camille, Julien Doré, Superpoze, BCUC, Inna de Yard, Mat Bastard, Dub Inc, Chinese Man, Ausstellung, Fishbach, Parcels, Charlotte de Witte, Daniel Avery, Rocky, Jacques, Louisahhh B2B
Maelstrom, Apparat (DJ set), Edgär, Cigarettes After Sex, Frànçois and The Atlas Mountains, Mind Against, Tale Of Us, Rebeka Warrior (DJ set), James Darle, Azur, Amélie Lens, Pfel, Her, Mathieu Boogaerts, Jacques, Parcels, Jeanne Added, Théâtre de
Chambre, Sébastien Martel, Prieur de la Marne, 2 Mini Bee Gees.
2016
Alice on the Roof, Lilly Wood & The Prick, General Elektriks, The Shoes, Hinds, Mickey 3D, Oblivians, Ludwig von 88, Gogol Bordello, O, Jagwar Ma, FKJ, Odezenne, Soulwax, Petit Biscuit, C Duncan, Flavien Berger, Thylacine, Bachar Mar-Khalifé, Mansfield.TYA, Vitalic, Ausmuteants, La Mverte, Comah, Verlatour, Arnaud Rebotini, The Hacker, Andre Bratten, Ann Clue, Flavien Berger, Vanessa Wagner, C Frànçois and The Atlas Mountains,
Sébastien Martel, Théâtre de Chambre, Prieur de la Marne, Fishbach, Puzupuzu, Angel, Cosmic Neman, Le Sound Truck, Lenparrot, Yellö, Kubebe, Phil Von, Prieur de la Marne, Verlatour.
2015
Portico, Balthazar, The Do, Jungle, Meridian Brothers, Salut c’est cool, N’TO, Boris Brejcha, Tijuana Panthers, Traumer, Grand Morse, Jungle by Night, Songhoy Blues, Asaf Avidan, Deluxe, Minuit, Grand Blanc, Jeanne Added, Fauve, Superpoze, Cosmonaut, Etienne Jaumet, Weekend Affair, Mountain Bike, Vaudou Game, Groundation, Acid Arad live, Urban Junior, Cosmonauts, The Broken Circle Breakdown Bluegrass Band, Girls in Hawaii, DDDXIE, Acid Arab Dj Set, Dirty Machine VS Wallace, Narco Terror, Twin Twisters, Weekend Affair, Château Brutal, Martin Mey, Volgograd, Dirty Deep, Eriksson Delcroix, Juliette Armanet, Sébastien Martel et Laure Brisa, Oddism, Obsolete Radio, MC Metis, Grand Morse, Pierre Bastien, The Mamys and the Papys, Willy & Johnny les ATT, animateurs tout terrain.
2014
FAUVE, Boys Noize, Agnes Obel, Skip the Use, Casseurs Flowters, Chinese Man, Arno, Gush, Surkin, Moriarty & Christine Salem, Danakil, Frànçois and the Atlas Mountains, Christine and the Queens, les Innocents, Raving George, Pokey Lafarge, Winston McAnuff
& Fixi, Melanie de Biasio, Salut c’est cool, Jim Yamouridis, David Lemaitre, Gym, DJ Pone, WhoMadeWho, The Growlers, Saule, Nach, The Wytches, Feini-X Crew, Obsolete Radio, Bodybeat, Louis Aguilar, DJ Keutch, Compact Disk Dummies, Valentin Marlin, Dirty
Machine, Cusmar Brutal, Théâtre de Chambre, Digital Vandal, Toybloïd, les Bas Arts Auditifs, Baptizein & Secret Yolk, Brigadier Girafe, Kitty Kat.
2013
The Mamys & the Papys, La Femme, Steel Pulse, Billions of Comrades, By the Rivers, Saule, The Polyphonic Spree, Vitalic VTLZR, Ondatropica, Suuns, Orelsan, Agoria Presents Forms, Le Duc Factory, Body Beat, Breakbot, Sexy Sushi, Mr. Oizo, Pan Aurora, Ghostpoet, U Roy, Rokia Traoré, Israel Vibration, Benoit Carrè, Ebo Taylor, Mesparrow, Don Cavalli, Shantel & Bucovina Club Orkestar, Healer Selecta + Sound System, Madben, By the Rivers, Catman, Shantel Dj Set, Marklion, Melissa Laveaux, Don Cavalli, School Is Cool, Seb Martel – Struggle, Chicha Libre, Nico Martel, Théâtre de Chambre, Alex Mills, Swingin Kitten, Miss Chazmatazz, Antoine Pesle, Dddxie, You Man, Les Innocents.
2012
Orelsan, Zebda, Battles, Camille, Don Rimini, Donavon Frankenreiter, The Dustaphonics, Orchestra of Spheres, Radical Suckers, The Masonics, Stephen Malkmus and the Jicks, Deus, Great Moutain Fire, The Mamys and the Papys, Sinyaya Kozha, The Minutes, Zita Swoon Group, Baxter Dury, Klink Clock, Ewert & The two dragons, Socalled, Club cheval, Colin Stetson, Charles Bradley and his extraordinaires, Lee Scratch Perry, Max Romeo, The Congos, DJ Healer Selecta, DJ El Nino, Silvouplay, Adrian Gibson, Shangaan Electro, Swingin Kitten & Miss Chazmatazz.

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2011
Bernard Lavilliers, Katerine, LKJ, Dave Clarke, Neneh Cherry, Balthazar, The Excitements, Curry and Coco, Bob Log III, Jim Jones Revue, The Mamys and The Papys, Rocky, Gruff Rhys, Gablé, Peter Hook, Born ruffians, Congopunq, Obsolete Radio, The
Dragtones, The Legendary Tigerman, The Jon Spencer Blues Explosion, Red Snapper, Mondkopf, Dee Fly and the Sqs, Wild Beasts, Triggerfinger, Matthew Dear, DJ Food, Théâtre de Chambre, Anem Deroo-GillesCoronado-Seb Martel, Giant Sand, Villagers, Sly Johnson, Puta Madre Brothers, Scott H.Biram, Publicist, Swingin’Kitten & Miss Chazmatazz, Healer Selecta, Bobik ou Sacha, Eliote & The Ritournelles, Lena Deluxe, Secrètes Sessions.
2010
Etienne de Crecy Live, Gotan Project, The Dandy Warhols, George Clinton & Parliament Funkadelic, Wax Tailor,Boys Noize, Toots and the Maytals, I’m from Barcelona, Get Well soon, Gush, Keb Darge, Andy Smith, The Sleepy Sun, The Black Box Revelation, Jimmy Edgar, Healer Selecta, The Very Best, The Tallest Man On Earth, Dat Politics, Jackson, Huoratron, Lords Of Altamont, Triggerfinger, Staff Benda Bilili, Shiko Shiko, Vismets, Bazbaz, Bonaparte, Château brutal, Part Chimp, SonnyMat.D, Toybloïd, Los Catchos, Brigitte, Ben Howard, Seb Martel / Marie France, Vincent Segal / Ballake Sissoko, Sammy, Like Dat, Stand High, No Name, Mighty Crikett, Dougie Wardrop + King General + Culture Freeman, Abassi Zion Train Soundsystem.
2009
Marianne Faithfull, Peter Doherty, The Do, Yoyoyo Acapulco, Kid Bombardos, Stuck In the Sound, Don Tomasino & Tutti Quanti, Getatchew Mekuria & The Ex, The Aggrolites, Naïve New Beaters, Hugh Coltman, Saule et Les Pleureurs, Konono N°1, Mahjongg, Mocky, Puppetmastaz, Mr Oizo, Valoy—Brown & The Pi’s, Montgomery, Au Revoir Simone, Calexico, General Elektriks, Feini-X-Crew, Curumin, Monotonix, Yo ! Majesty, Horace Andy, We Have Band, The Proxy, Milk Run, Kap Bambino, Djedjotronic, Agoria,
Sylvie Cious, Minimal Western, Silvouplay, Sam Tiba, Cirkus, The River, Sébastien Schuller, DJ Shalom, Théâtre de Chambre, Vincent Segal.
2008
Alain Bashung, Hushpuppies, Adam Kesher, Jamie Lidell, Sébastien Tellier, Vitalic, Camille, Girls In Hawaii, Caribou, Nneka, Tiken Jah Fakoly, Birdy Nam Nam, The Fly : Erik Truffaz / Sly Johnson, Ace Out, Nervous Cabaret, Taraf de Haïdouks, Health !, Luna Lost, Casiokids, Arman Melies, Archie Bronson Outfit, Alela Diane, French Cowboy, Peter Von Poehl, Fink, Bikinians, Jahcoozi, Housemeister, Kiko, Teki Latex, Don Rimini, No Age,
Crookers, Brodinski, Bob & Lisa, Curry and Coco, Left Lane Cruiser, Urban Chill Out, Secteur 7, CQ 2000, DidierSuper, Chris Garneau, Chloé Mons & Xavier Boussiron, Las Ondas Marteles, Beau Catcheur, Wasis Dop, Seb Martel & Elysian Fields, Sylvie Cious, Robert Ramon, Lowclub, Canal Girafe, Digital Vandal.
2007
Laurent Garnier, Arno, Sanseverino Big Band, Just Jack, Cirkus, Neneh Cherry, Jean-Louis Murat, Didier Super, Max Romeo, Dj Krush, Zenzile, Tinariwen, Who Made Who, Architecture in Helsinki, Detroit Grand Pubahs, David Krakauer, Socalled, Dj Shalom, Boys Noize, Balkan Beat Box, Jamie T, Malajube, Windmill, Spleen, Izabo, Sharko, Elvis
Perkins, Anna Ternheim, Robert Gomez, Mansfield Tya, Amalgamix, Missill, Digital Vandal, Deltahead, Phil Von, Théâtre de Chambre, Musique Post-Bourgeoise,  Canal Girafe, Sylvie Cious, Birthday Pony, The Legendary Tigerman, Roken is Dodelijk, Black Diamond Heavies, Heleno Dos 8 Baixos, Cq 2000, Estèla Dou Coqe, Afrojaws, Mich Kill my Dog, The Bishops.
2006
Les Wampas, Lee « Scratch » Perry, Lo’Jo, Liars, An Pierle & White Velvet, Islands, Gomm, The Clercks, TV On The Radio, Urban Dance Squad, Amadou & Mariam, Radio Chango Sound System, Israel Vibration, Senor Coconut & His Orchestra, Datarock, David Walters, Radio Soulwax présents : Nite Version Live & 2 Many DJs, !!!, Genjini, Radio 4, The Bellrays, Curry and Coco, Tokyo Sex Destruction, Zoe, Zita Swoon, Motel Martel, Friquet / Boussiron, Mansfield Tya, Théâtre de Chambre, Why ?, Para One, Yuksek, Sylvie Cious, Konono N°1, DJ Feadz, Genjini, Bob Log III, Scott H Biram, Cool Kleps, Les Ramones, Holden, Mademoiselle K, Souinq, Carving, CQ 2000, Canal girafe, DJ Wallace.
2005
Yann Tiersen, Maxïmo Park, Vive la Fête, Skweeze Me Pleeze Me, Zenzile, DJ Vadim présent One Self, Carton, Numu, Audiogame, Femi Kuti, Toots & The Maytals, Mouss & Akim, The Domestics, Electrelane, Sinclair, the Gladiators, Mardi Gras Brass band, No Use for a Name, The Fatals, Flobard, Art Brut, The Magnetix, Von Magnet, Théâtre de Chambre, Teatro Delle Ariette, Mike Sanchez, AL1ANT1, Luna Lost, Willy Vinyl, Dat Politics, Felix Kubin, Olaf Hund, Black Sifichi, Silvatica, Compagnie Pietragalla.
2004
Java, The Skatalites, Freestylers, Lulu, Laetitia Sheriff, Feist, Hexstatic, Autour de Lucie, Christophe, Gomm, Fancy, Hawaii Samurai, Bob Log III, Cat Empire, Fabulous Trobadors, Sergent Garcia, Le Voeu du Coquelicot, Western Special, La Caravane Electro, Mei Tei Sho, Bombes 2 Bal, Piers Faccini, Nicolas Martel / Cyrus Horde, Atypeaks, Akosh S Unit, Jérôme Lapierre, Alejandro Barcelona, La Compagnie des Hommes, Théâtre de Chambre.
2003
LKJ, Fishbone, Kana, Boo !, Fire Warriors, Badie, Bad Joke, Grande Bada, Atypic Lab, Yuri Buenaventura, Stanley Beckford, Lo’Jo, Naab, Dudin, Fred, Tall Paul Grundy, Keziah Jones, Mass Hysteria, Clotaire K, Subway, Carving, Les Blaireaux, Jam Session, Fazenda, Damien Deltour, Sébastien Martel, Eric Pintus, Laurent Friquet, Marie- France, Alejandro Barcelona, Théâtre de Chambre.
2002
Tiken Jah Fakoly, Frederic Galliano & The African Divas, P18, Marcel et son Orchestre, Rubin Steiner, DJ Mopheus, Padam, Hubert Félix Thiéfaine, Susheela Raman, La compagnie du 26 Pinel, La Ruda Salska, Boo !, Zed Funky Fresstyle, Théâtre de la Litote, Théâtre de Chambre.

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Archives : parcours secrets 2017. ©Sarah Bastin